Une bouteille d’eau minérale de Naples, sous l’Empire / A bottle of mineral water from Naples, dating from the French 1st Empire

Voici une bouteille destinée à l’eau minérale, embouteillée ou produite dans les laboratoires des citoyens Paul, Triayre et cie, sous l’Empire. La bouteille est haute de 23 cm seulement et contient 52 cl. La piqûre comporte la trace de la canne de soufflage. Le texte du sceau se déroule autour d’une étoile centre : « Ns Paul Triayre & cie •».

Here is a bottle intended for mineral water, bottled or produced in the laboratory of Citizens Paul, Triayre and C°, under the French 1st Empire. The bottle is only 23 cm high and contains c.52 cl. The push-up has a blowpipe scar. The text of the seal unfolds around a central star: « Ns Paul Triayre & cie • ».

C’est cette inscription qui permet d’en savoir plus sur la bouteille : en effet, la BNF conserve un mémoire de Michele Attumonelli, de la Société de Médecine de Paris, publié en 1804 (an XII). Le texte nous apprend que les laboratoires des citoyens Paul, Triayre et cie ont « préparé » de nombreuses eaux minérales, dont celles du cratère de Naples. Manifestement, il s’agissait d’analyser les eaux minérales naturelles et de les reproduire en laboratoire. Le but est essentiellement thérapeutique, puisque Attumonelli nous apprend que ces « eaux minérales factices (…) seront des médicamens (sic) précieux dans plusieurs maladies » (p. 6). Plus loin encore, « l’établissement des citoyens Paul, Triayre et compagnie, fournit des moyens efficaces contre un grand nombre de maladies, dont plusieurs étant rebelles aux remèdes de la pharmacie, ne peuvent guérir que par les eaux minérales. » (p. 150).

This inscription allows us to learn more about the bottle: indeed, the National Library of France (BNF) keeps a memoir by Michele Attumonelli, of the Medical Society at Paris, published in 1804 (Year XII). The text tells us that the laboratory of Citizens Paul, Triayre and C° “prepared” many mineral waters, including those from the crater of Naples. Obviously, it was about analyzing natural mineral waters and reproducing them in the lab. The goal was essentially therapeutic, since Attumonelli tells us that these “artificial mineral waters (…) will be precious medicines in several diseases” (p. 6). Further still, « the establishment of citizens Paul, Triayre and company, provides effective means against a large number of diseases, many of which are resistant to pharmacy remedies and can only be cured by mineral waters.”(p. 150).

Le mémoire précise que « chaque bouteille contient six cent onze grammes quatre cent quarante milligrammes (vingt onces) d’eau » (p. 33). Chose que mes mesures ne confirment pas puisque ma bouteille ne contient qu’environ 52cl …

The memoir states that « each bottle contains six hundred and eleven grams four hundred and forty milligrams (twenty ounces) of water » (p. 33). My measurements do not confirm this information since my bottle only contains about 52cl.

Dès la fin du 18ème siècle, la chimie européenne s’attache à (re)produire des eaux minérales, notamment sulfureuses. Pharmaciens et médecins reproduisent les eaux de Seltz, de Sedlitz, de Spa ou de Barèges. C’est aussi à cette époque qu’est inventée l’eau de Schweppes, par Schweppe, Paul et Gosse (peut-être s’agit-il d’ailleurs du Paul de ma bouteille ?), brevetée en 1783. Toutes ces eaux reçoivent en tout cas les faveurs du corps médical, comme nous le montre le mémoire d’Attumonelli, en 1804. Et désormais, nous savons que ces eaux, lorsqu’elles étaient commercialisées, avaient également des contenants spécifiques !

From the end of the 18th Century, European chemistry began to (re)produce mineral waters, particularly sulphurous waters. Pharmacists and doctors reproduced the waters of Seltzer, Sedlitz, Spa or Barèges. It was also at this time that Schweppes water was invented, by Schweppe, Paul and Gosse (perhaps it is the Paul of my bottle?), patented in 1783. All these waters in any case received the favors of the medical profession, as shown by Attumonelli’s memoir, in 1804. And now, we know that these waters, when they were sold, also had specific containers!

Biblio/references

Mémoir(e) Attumonelli: https://data.bnf.fr/fr/date/1804/publications/page13

Voir aussi : Coignerai-Devillers Lucie. Les eaux minérales artificielles, 1680-1825 : Noël G. Coley, The preparation and uses of artificial mineral waters (ca. 1680-1825). In: Revue d’histoire de la pharmacie, 74ᵉ année, n°271, 1986. pp. 332-335. À télécharger sur http://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_1986_num_74_271_3349_t1_0332_0000_2

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