Une bourguignonne inclassable, vers 1800 / An unclassified early 19thC Burgundy bottle

Voici une première bouteille du lot rennais dont j’ai publié une photo en début d’année : il s’agit d’une « bourguignonne » assez inhabituelle, de taille moyenne (hauteur : 28,5 cm) et d’une contenance d’un peu moins de 800 ml.

Here is a first bottle in the Rennes lot of which I published a photo earlier this year: it looks like a rather unusual Burgundy bottle, of average size (height: 28.5 cm) and of a capacity of little less than 800 ml.

La bouteille présente un épaulement assez marqué et un fût nettement cylindrique. La piqûre montre une marque coupante, de type canne et/ou disc pontil (j’y reviens ci-dessous). La bague de col est particulière également, en forme de soucoupe renversée, avec un fort débordement par rapport au col (j’ai intentionnellement préservé quelques restes de cire lors du nettoyage).

The bottle has a rather pronounced shoulder and a fully cylindrical body. The push-up shows a sharp scar, of “blowpipe” and/or “disc pontil” type (more below). The applied string rim is also quite unusual, in the shape of an upside-down saucer, with a large diameter compared to the neck (some wax remains were deliberately preserved in the cleaning of the bottle).

 

Le cul permet une observation qui est peut-être transposable à d’autres bouteilles. D’un côté la marque est celle d’une canne, avec un reste de verre important (c’est le « blowpipe scar » de la littérature anglo-saxonne). Mais de l’autre, l’arrachement n’a laissé qu’une très petite quantité de verre et une cicatrice circulaire, très proche de ce que les anglo-saxons appellent « disc pontil scar. » Il me semble donc possible que ces deux marques (« blowpipe » et « disc pontil ») n’en fassent qu’une et que ce soit le degré d’arrachement du verre qui fasse la différence … à vérifier sur d’autres bouteilles !

The push-up allows an observation that might be transposable to other bottles. On one side, the scar is that left by a blowpipe, with large quantity of residual glass (typical “blowpipe scar” of the English literature). But on the other side, the removal of the blowpipe hast just left a very small quantity of glass and a thin circular scar, very close to a typical “disc pontil” scar. It seems therefore possible that these two scars (“blowpipe” and “disc pontil”) are left by one and same process, i.e. the removal of the blowpipe, with variable glass residue in the push-up. To be checked and confirmed …

Quant à l’origine et à la date de cette bouteille, j’avoue que je sèche … On la daterait assez volontiers du début du 19ème siècle mais les parallèles manquent. Sans doute une de ces productions locales, destinées à demeurer inclassables faute de parallèles …

As for the origin and the date of this bottle, I admit that I have no idea … I would date it from the beginning of the 19th century but parallels are missing. No doubt one of these local French productions, doomed to remain unclassified for lack of parallels.

7 comments on “Une bourguignonne inclassable, vers 1800 / An unclassified early 19thC Burgundy bottle

  1. Bague de col effectivement, pas courante, je n’en ai jamais vu de ce type, apparemment il y avait du vin rouge dans cette bouteille, vu le dépôt restant à l’intérieur, mais l’ancien propriétaire l’avait peut-être réutilisé, car j’aperçoit un reste d’étiquette sur le col. Sa forme ressemble bien à une Bourguignonne.
    D’accord avec toi Thierry fabrication locale, et période 19ème siècle, sans certitude.

  2. Merci Serge, de son côté Yvon me dit qu’il en a peut-être une ou deux du même style et avec un sceau … laissons-lui le temps d’explorer ses réserves et nous en saurons peut-être plus sur ce type de bouteilles – si le sceau apporte l’un ou l’autre détail utile!

  3. Bonjour à tous,
    Je suis surpris par la remarque de Serge Adam notant un « reste d’étiquette sur le col » de cette bouteille. Pour 2 raisons :
    1-la position de ce qui ressemble à un lambeau de papier rosâtre. A ma connaissance, les étiquettes dites « millésimes » ne sont pas apparues avant les années 1880 (Vu Léon Violland, de Beaune, 1889 et 1899). Elles étaient petites et placées beaucoup plus bas sur la bouteille.
    Il y eut aussi une période de transition pendant laquelle l’année de récolte a figuré discrètement sur l’étiquette principale, laquelle était collée sur la partie basse du corps (Vues Litho dorée anonyme1882-BEAUNE, ainsi que Litho Hollandaise Dorée sur Noir 1887, puis1898 HB-Hospice de Beaune…)

    2-l’existence même des étiquettes-papier, au moins pour ce qui concerne les vins de bourgogne, n’est pas attestée (par moi !!) avant 1815. Ainsi, ma collection personnelle d’étiquettes anciennes comporte plusieurs très rares précurseurs typographiées en noir sur papier à la cuve imprimés au nom de la Maison de vins LABAUME l’Aîné de Beaune (petites étiquettes 4,5 X 2,5 cm des crûs : Vollenay (sic), St George (sans « s »), Nuits et aussi Montrachet au Musée du Vin de Beaune).
    Je possède une correspondance manuscrite du patron de cette même Maison, qui est a circulé postalement vers le représentant local à FranKfort (sic) le 28 janvier 1815, et qui fait référence à l’usage plus précoce de ces « étiquetes » (sic)…, lesquelles pourraient alors être les plus anciennes connues à ce jour.
    Jusqu’à ce que quelqu’un de chanceux trouve encore plus vieux…..
    Pour le collectionneur d’étiquettes anciennes que je suis, la datation compte autant que pour qui collectionne les bouteilles méconnues du 19ème. J’en suis aussi !!

  4. Juste un petit commentaire pour remettre le problème à sa juste place … ces bouteilles ont manifestement été réutilisées à des époques récentes et munies d’étiquettes « maison » qui ne doivent pas remonter à plus de quelques dizaines d’années. Je ne pense pas qu’il y ait un seul reste d’étiquette d’origine sur aucune de ces bouteilles. Mais la question des étiquettes sur les bouteilles très anciennes reste intéressante et pertinente et je serais ravi d’en parler sur le blog, en m’appuyant sur les compétences d’Yves par exemple!

  5. C’est bien pour cela que j’ai écrit que l’ancien propriétaire l’avait certainement réutilisée, et y avait donc mis du vin acheté en vrac et collé une étiquette pour l’identifier.
    Mais il est effectivement très intéressant de savoir quand les premières étiquettes ont été utilisées sur des bouteilles , c’est assez rare d’en trouver encore collées sur ces dernières, surtout quand on achète comme moi des bouteilles vides. je possède une bouteille marquée « VIN D’ESPAGNE RANCIO » entouré d’un décor très sympa.

  6. Re-bonjour à tous,
    Merci à Thierry et Marc d’avoir exprimé des avis là-dessus. A ce propos, il y a moins de 15 jours, j’ai découvert une bouteille (vide) sympa mise de côté par un collectionneur encore inconnu , et qui nous fera peut-être avancer un peu côté « connaissances ».
    Imaginez- ou attendez une communication détaillée- une sympathique bouteille ventrue présentant tous les attributs d’une maturité bien assise : col vrillé, bord bien évasé, piqûre creuse, très profonde, râpeuse et non-coupante aux doigts, bancalité accentuée sur le fond.
    J’en entends certains qui disent déjà : début XVIIIème à coup sûr !!
    Mais ajoutez-y une étiquette marquée Macvin du Jura ( sale, mais entière et de bonne facture), paraissant presque aussi vénérable que son imprimeur lithographe local (bien désigné, situé en ville depuis 1860, usant d’un graphisme plutôt vieillot…).
    Et par dessus le marché, sur le col de cette bouteille, un millésime-papier daté de…1909 (aucune étiquette de cet âge n’est connue de moi depuis plus de 15 ans de fréquentation des sites de collection), paraissant bien assorti à l’étiquette principale…
    Je pense tenir une preuve solide que la bouteille elle-même a été réutilisée bien des décennies après sa fabrication (la verrerie reste à situer, évidemment ! Allez-y…).
    Quant à l’anonyme fabricant début-de-sècle du magnifique breuvage qu’elle a contenu un jour, il y a très longtemps, il n’a pas dit son nom (par modestie ?) et a laissé vieillir tranquillement sa mistelle, comme on dit) dans son armoire à « vin de liqueur ». A moins que l’apéritif succulent ne se soit évaporé au fil du temps.
    … Ou à moins que son arrière-trisaïeul collectionneur n’ait retrouvé plus tard cette double étiquette ancienne mais quasi-intacte dans un tiroir poussiéreux.
    Ce collectionneur jurassien de bouteilles XVIIIème, aurait-il eu la rouerie de marier tardivement la très très vieille bouteille vide et les deux étiquettes bien séduisantes encore ?
    Avec un peu de colle de farine délayée à l’eau ?
    Quelle horreur quand on y pense….
    Yvon Boileau
    A bientôt avec les photos de la chose.

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